Réalisations déjà effectuées ou futures:

Obstacles à la migration

Il est vite apparu que la chute de la route suisse constituait un obstacle quasiment infranchissable (voir photo). En conséquence, des démarches ont été entreprises afin d'aménager au plus vite cet obstacle. Grâce au concours de nombreux partenaires, l'ouvrage a été complètement remanié au printemps 1997.

La conception de l'ouvrage et son financement ont été assurés par le SESA, la Confédération et la Fondation Ernest Dubois. Le maître d'œuvre est la Commune de Morges.

L'Office de la Protection civile a été responsable de la destruction partielle de l'ouvrage existant. La construction de l'ouvrage a été effectuée par le Centre de formation des forestiers du Canton de Vaud, assisté par les garde-pêche de la Conservation de la faune du Canton de Vaud. L'ATL a assuré la coordination des opérations et réalisés divers travaux complémentaires.

Le principe du réaménagement a été de créer un ensemble de 5 chutes d'une hauteur maximale de 40 cm en aval de la chute existante (voir photo), afin de permettre aux poissons de passer sous le pont et d'atteindre les sites favorables situés en amont. Le chantier a duré 1 mois. Il a nécessité environ 250 heures-machine, 1'600 heures-homme, 600 m3 de remblais et 130 m3 de bois.

Actuellement l'ATL travaille en collaboration avec les différents services de l'Etat à l'aménagement de la chute près de la STEP de Lully. Diverses possibilités sont envisageables pour cet ouvrage. On pourrait concevoir une passe du même type que celle proposée pour la route suisse, soit un ensemble de paliers successifs en bois permettant la remonte des poissons. Une alternative consisterait à détruire complètement l'ouvrage existant et à reconstruire un pont au-dessus de la rivière dans un nouveau lit réaménagé. Ces diverses alternatives sont aujourd'hui à l'étude. Lorsque cet ouvrage sera franchissable, c'est plus de 5 km de cours d'eau qui auront été rendus accessibles aux truites.

Amélioration de la qualité de l'eau

Des 7 rejets polluants identifiés lors de l'étude initiale, 2 ont d'ores et déjà été éliminés. Pour les 5 autres, des contacts sont pris avec les différentes communes concernées pour trouver une solution acceptable par tous. Sur le Blétru, il s'agit notamment de trouver un nouveau mode de gestion pour certains dépotoirs de vignes. Sur le Pontet, des investigations complémentaires sont en cours pour trouver l'origine des eaux usées dans la canalisation d'eaux claires. Sur l'Irence, il s'agit notamment de modifier certains déversoirs d'orage. Ces actions demandent du temps et de la volonté politique. Certaines communes se montrent extrêmement sensibles à ces aspects environnementaux et mettent en œuvre des moyens importants afin de trouver des solutions.

L'Etat n'est pas en reste puisqu'une commission a été formée dans le but de solutionner les problèmes chroniques liés aux apports polluants diffus provenant de l'agriculture. Cette commission se compose de différents responsables de l'administration, ainsi que des représentants des milieux agricoles. Il s'agit notamment d'étudier l'opportunité de construire une station de lavage et de récupérations des produits phytosanitaires.

En ce qui concerne la quantité d'eau dans le Boiron et le soutien au débit d'étiage, une partie importante des eaux du Boiron est déviée au niveau des moulins de Lussy dans le bief géré par la Société des eaux d'irrigation de St-Prex. Cette situation, d'un strict point de vue biologique, est inacceptable pour la rivière. Par contre, elle semble tout à fait légale en raison d'un droit d'eau perpétuel accordé par les Bernois, alors qu'ils occupaient le Pays de Vaud, à la Commune de St-Prex. Cette situation est très compliquée d'un point de vue juridique, il n'en demeure pas moins qu'elle induit une situation très problématique pour la rivière en période de sécheresse. Il serait souhaitable de trouver une situation de compromis tenant compte des différents intérêts en présence. Cela demande une certaine volonté politique et l'implication des services tant juridiques qu'environnementaux.

Diversification de l'habitat

D'une manière générale, les berges du Boiron sont encore très naturelles et il n'est donc pas nécessaire de les renaturer, notamment en cassant des murs ou en créant des caches à poissons à l'aide de pierres ou de troncs. Une seule exception existait cependant au niveau du pont de l'autoroute, au-dessus du Boiron, près de la STEP de Lully. De grands travaux ont été entrepris qui visant à agrandir le pont pour créer des bandes d'arrêt d'urgence sur l'autoroute. A l'issue des travaux, la parcelle touchée par le chantier a été remise en état. Le projet consista à créer une zone alluviale inondable directement en bordure de la rivière sous les piles du pont. De plus, le long de l'étang actuel en aval de la STEP de Lully, des mares temporaires furent construites. Ces mares permettent aujourd'hui d'abriter diverses espèces d'amphibiens (grenouilles, tritons, crapauds) dont certaines étaient déjà présentes sur le site.

Sensibilisation du public

La réussite à long terme de la revalorisation d'une rivière réside avant toute chose dans la bonne volonté du public et des usagers. Cette bonne volonté dépend de la compréhension de la problématique en question par une large part de la population. Une façon de renseigner le public sur la nature, dans la nature, consiste en la création d'un sentier didactique en bordure de l'objet naturel à préserver. C'est la raison pour laquelle un tel sentier a été aménagé le long du Boiron afin de permettre à chacun de comprendre les problèmes que rencontrent les poissons pour se reproduire et se maintenir dans une rivière. Au-delà de cet objectif piscicole, c'est tout l'écosystème autour de la rivière et du lac que l'on pourra découvrir au cours d'une balade.

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