Mémoire de la société des sciences naturelles du canton de Vaud

 

Les poissons du canton de Vaud, 1966

1. Poissons des cours d'eau

 

par Jean-Pierre Ribaut, Musée zoologique, Lausanne

 

Etude Ribaut (PDF)

 

Réalisée dans le dans l'ensemble du canton de Vaud en 1966, cette étude s'apparente, par ses questionnements et ses moyens, directement aux travaux de suivi biologique actuellement menés par l'ATL. De manière préliminaire, les travaux de J-P Ribaut ont mené le chercheur à s'intéresser de prêt à la composition en ichtyofaune du Boiron de Morges afin de vérifier la constance qualitative et quantitative des relevés menés par pêches électriques. A cette époque, cette méthode d'investigation n'était, en effet, encore que très peu usitée pour mener des relevés scientifiques.

Relativement aux résultats obtenus pour le Boiron, il est intéressant d'observer que par des pêches électriques successives, menées à proximité de l'embouchure, cette étude de J-P Ribaut a permis de mettre en évidence une diversité piscicole similaire à celle rencontrée aujourd'hui. Sur l'ensemble des espèces relevées (Lotte, Chabot, Perche, Epinoche, Brochet, Truite, Loche franche, Tanche, Goujon, Gardon, Vairon, Chevaine), seule la Loche franche n'a pu être retrouvée durant les 10 ans d'études menées par l'ATL. Cette espèce reste pourtant une espèce commune du Léman. Il est également intéressant de constater que selon cette étude, la population de truite s'avérait en 1966 relativement stable entre les relevés d'été et de fin d'automne, une survie estivale des truitelles que nous constatons aussi entre nos relevés de 2001-2005. Finalement, cette étude de 1966 souligne déjà l'importance de la truite dans la partie amont de la rivière et le souci des rejets polluants dans le Boiron.

Ribaud fait ses échantillonnages dans la partie aval du Boiron, qui correspond pour nous au secteur 1. Il est intéressant de noter qu'il observe une densité de truites (toutes formes confondues) comprises entre 500 et 1600 ind/ha, soit dans une gamme tout à fait comparable à ce que l'on a observée depuis que l'on effectue ce suivi. Dans les années 60, en tout cas à l'époque de Ribaud, il n'y avait donc pas plus de truites dans le Boiron qu'aujourd'hui.